Client étranger et seuil de 80 000 MAD : la retenue de 30 % s'applique-t-elle ?
Dernière vérification : 28 juillet 2026Publié et maintenu par factu.ma
Le texte prévoit une retenue opérée par le client lui-même. La question n'est donc pas la nationalité du client, mais s'il est en mesure d'opérer cette retenue au Maroc.
Cet article traite d'un cas précis : un client établi à l'étranger, sans établissement ni présence fiscale au Maroc lui permettant de prélever, déclarer et reverser la retenue. Dans ce cas, factu.ma déclare ce chiffre d'affaires dans la base ordinaire, à votre taux normal. Ce n'est pas une exonération : le chiffre d'affaires est bien déclaré et bien imposé — simplement, il ne sort pas de la base.
Un client étranger disposant d'une filiale, d'une succursale ou d'un établissement au Maroc qui vous règle et peut opérer la retenue ne relève pas de ce cas.
Un exemple concret
Vous encaissez 120 000 MAD de prestations auprès d'un même client établi à l'étranger, sans présence fiscale au Maroc.
- Avec un client marocain, les 40 000 MAD au-delà de 80 000 seraient sortis de votre base et soumis à la retenue de 30 % opérée par ce client.
- Dans le cas traité ici, factu.ma laisse ces 40 000 MAD dans la base ordinaire : ils sont déclarés à votre taux normal, comme le reste.
L'ensemble des 120 000 MAD figure donc dans vos déclarations de l'année.
Ce que dit le texte
L'article 42 bis du Code général des impôts, qui détermine la base imposable de l'auto-entrepreneur, dispose :
« Toutefois, lorsque le chiffre d'affaires annuel au titre des prestations de service réalisées, pour le compte d'un même client, dépasse quatre-vingt mille (80 000) dirhams, le surplus est soumis à l'impôt sur le revenu, par voie de retenue à la source opérée par ledit client au taux prévu à l'article 73 (II-G-8°) ci-dessous. »
Deux précisions que l'on lit rarement ensemble. D'abord, il s'agit d'impôt sur le revenu, pas de TVA — l'auto-entrepreneur reste hors champ d'application de la TVA. Ensuite, l'imposition du surplus et son mécanisme sont énoncés dans la même phrase : le surplus est soumis à l'IR par voie de retenue opérée par le client. L'article 73-II-G fixe ce taux à 30 %, et son 8° vise « le surplus du chiffre d'affaires visé à l'article 45 bis-II ».
À noter également : l'article 82 bis impose de faire figurer dans la déclaration « le montant du chiffre d'affaires annuel au titre des prestations de service réalisées pour le compte du même client qui dépasse quatre-vingt mille (80 000) dirhams ». Le dépassement est donc une information déclarée par vous, quel que soit le sort du surplus.
Ce que le texte ne précise pas
Le texte ne dit pas ce qui se passe quand le client n'est pas en mesure d'opérer la retenue.
Or une retenue à la source marocaine suppose un payeur capable de prélever, de déclarer auprès de l'administration et de reverser au Trésor. Une entreprise établie à l'étranger, sans présence fiscale au Maroc, n'a en règle générale accès à aucune de ces démarches.
Dans les textes officiels que nous avons consultés et qui sont listés en sources ci-dessous :
- nous n'avons trouvé aucune disposition excluant expressément du champ de l'article 42 bis les clients établis hors du Maroc ;
- nous n'avons trouvé aucune disposition mettant une auto-retenue à la charge de l'auto-entrepreneur lorsque le client n'opère pas la retenue.
Cette recherche porte sur les textes listés en sources, pas sur l'ensemble de la doctrine administrative ni sur la jurisprudence.
L'hypothèse appliquée par factu.ma
Dans ce silence, factu.ma applique une hypothèse, et la formule explicitement plutôt que de la laisser dans le calcul : sans retenue opérable par le client, le surplus n'est pas sorti de votre base ordinaire — il y reste, et il est déclaré à votre taux normal (article 73-III).
Le raisonnement tient en une phrase : si l'imposition du surplus passe « par voie de retenue opérée par ledit client » et qu'aucune retenue ne peut être opérée par ce client, alors le mécanisme prévu par le texte ne trouve pas à s'appliquer, et le surplus n'a pas quitté la base ordinaire.
Ce que cette hypothèse évite : la lecture inverse — sortir le surplus de la base comme si une retenue avait été opérée alors que personne ne l'a opérée — aboutirait à un chiffre d'affaires qui ne serait imposé ni chez le client ni chez vous. Avec l'hypothèse retenue, la totalité de ce que vous encaissez figure dans vos déclarations.
Le statut de cette position doit être clair : c'est une lecture pratique du texte, pas une exonération prévue par un texte, et elle reste à confirmer. Si les clients établis à l'étranger représentent une part significative de votre activité, faites-la valider par un fiscaliste ou interrogez la DGI.
Ce que fait factu.ma
L'estimation de factu.ma distingue les deux cas, et affiche le raisonnement plutôt que le seul résultat. Sur l'écran Déclarations, lorsque des encaissements dépassent 80 000 MAD avec un client à l'étranger, vous lisez :
« La retenue de 30 % suppose un client avec présence fiscale au Maroc ; à défaut, factu.ma déclare ce chiffre d'affaires à votre taux normal (1 %). »
- Le surplus réalisé avec un client marocain est sorti de la base déclarable et la retenue estimée est affichée — comme un signal, jamais comme une décision fiscale.
- Le surplus réalisé avec un client à l'étranger est compté puis laissé dans la base, et le montant concerné vous est indiqué séparément pour que vous sachiez de quoi il s'agit.
- Le seuil est suivi par client et par année civile, sur les prestations de service uniquement.
Sources
- Article 42 bis du Code général des impôts — base imposable et retenue opérée par le client au-delà de 80 000 MAD (édition 2026, texte cité ci-dessus)
- Article 73-II-G-8° du Code général des impôts — taux de 30 %, visant le surplus défini à l’article 45 bis-II
- Article 45 bis-II du Code général des impôts — définition du surplus au-delà de 80 000 MAD pour un même client
- Article 73-III du Code général des impôts — taux normal appliqué au chiffre d'affaires resté dans la base (1 % en prestations de services)
- Article 82 bis du Code général des impôts — déclaration du chiffre d’affaires encaissé et du montant dépassant 80 000 MAD par client
- Loi de finances n° 50-22 (2023), article 6 — texte ayant introduit ce dispositif, cité en note dans le CGI 2026
Sources vérifiées le 28 juillet 2026. Les textes fiscaux évoluent : si vous lisez cette page longtemps après cette date, revérifiez.
Ce que cette page n'est pas
Cette page présente un texte publié et l'hypothèse que factu.ma applique là où ce texte est muet. Ce n'est pas un conseil fiscal, et factu.ma ne se substitue pas à un professionnel. Si votre cas s'écarte de l'exemple ci-dessus, faites-le confirmer par un fiscaliste ou posez la question à la DGI.
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